août 3, 2022

un trio condamné pour une expédition punitive contre un mineur

Par actudujour


Le 21 mai dernier, première attaque par Sofian (1) et Ruben. Les deux hommes d’environ 28 ans sont beaux-frères. Ils décident de s…

Le 21 mai dernier, première attaque par Sofian (1) et Ruben. Les deux hommes d’environ 28 ans sont beaux-frères. Ils décident de s’en prendre à l’ex de la compagne de Ruben, qui est, par ailleurs, la sœur de Sofian. Le duo reconnaît avoir rôdé dans les rues d’Hagetmau avant de trouver leur victime et de la menacer avec un fusil. Deux coups de feu sont tirés en l’air. Quelques minutes plus tard, Sofian revient à la charge avec une batte de baseball pour de nouvelles menaces.

Détenu dans la même cellule

Une semaine plus tard, bis repetita, ils reviennent à Hagetmau accompagnés par un de leur ami d’enfance, qui va chez le père du mineur. Il est 9 heures. Pas méfiant, ce dernier lui ouvre et se prend une série de gifles avant que son agresseur ne reparte. « Je voulais savoir où était son fils », indique Teo.

Comprenant qu’il s’est fait berner, il revient quelques minutes plus tard. Cette fois le père de famille refuse de lui ouvrir. Qu’à cela ne tienne, Teo fracture la porte à coups de pied, la dégonde littéralement. La victime se saisit d’un couteau pour se défendre. Elle est désarmée à coups de chaise, envoyée au sol avant d’être rouée de coups. Cinq jours d’incapacité totale de travail sont prescrits.

Sofian et Ruben finissent par trouver dans les rues d’Hagetmau le mineur sur sa trottinette électrique. « Ils ont manqué de m’écraser avec leur voiture. J’ai dû me jeter sur le côté », se souvient-il devant les gendarmes. Il s’échappe quand le duo revient pour le « menacer avec un couteau » et lui voler son engin.

En détention provisoire depuis le 24 juin, et accessoirement dans la même cellule, le trio a eu le temps de peaufiner sa version. Devant les juges, ils reconnaissent les faits mais les justifient. « Si un des petits de ma compagne n’avait pas évoqué des gestes de la part de ce mineur, nous n’en serions pas là », martèle Ruben, qui certifie ne pas avoir été entendu par les gendarmes quand il a voulu déposer plainte.

Trois personnalités antisociales

La vice-procureure, qui ne croit pas en l’authenticité ni en la sincérité du trio, s’inscrit en faux : « Une enquête sur ces faits a été ouverte des suites de cette expédition punitive, nous n’en avions pas eu connaissance avant. » Face aux antécédents des prévenus, entre huit et onze mentions sur leurs casiers, leur état de récidive légale, leur personnalité antisociale, elle requiert un an de prison ferme à l’encontre de Sofian, dix-huit mois pour Ruben et un an de prison avec détention à domicile avec bracelet pour Teo.

Le conseil de ce dernier, Me Sutter, tient à recentrer : « Le mineur est loin d’être une victime qui n’a rien demandé. C’est parce qu’il harcèle au téléphone Ruben et reconnaît des faits sur l’enfant que mon client veut en découdre. »

Manque d’objectivité

Défendant Sofian, Me Barbe est sur la même ligne et regrette une « reconstitution avec seulement la victime, en termes d’objectivité ça pose question ». Me Étienne pour le dernier du trio tient à faire entendre que quand « l’affaire explose, toute la famille s’en mêle. Et, justement, Ruben tente de s’en sortir en partant à Pontacq (Pyrénées-Atlantiques). Plus qu’une expédition punitive, il a surtout voulu intimider le mineur et lui demander d’arrêter son harcèlement. »

Sofian et Ruben sont condamnés à un an de prison avec maintien en détention. Le dernier comparse écope d’un an, avec quatre mois de sursis et aménagement en bracelet électronique.



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