mai 15, 2022

que sait-on de cette fusillade qui a fait au moins 10 morts ?

Par actudujour


Un homme armé a ouvert le feu samedi dans un magasin d’alimentation de Buffalo, dans l’État de New York au nord-est des États-Unis. « Dix personnes ont été tuées par un homme armé portant un gilet pare-balles et armé d’un fusil très puissant, et trois autres personnes ont été blessées, dont deux très gravement », a indiqué le quotidien local « The Buffalo News », citant le chef de la police de Buffalo, Joseph Gramaglia. Onze étaient des personnes noires et deux étaient des blancs, dans ce quartier majoritairement afro-américain de Buffalo.

D’après le commissaire Gramaglia, le tueur a d’abord tiré sur quatre personnes sur le parking du supermarché Tops, en tuant trois d’entre elles, avant d’entrer dans le commerce et d’y commettre un carnage. Là, un garde de sécurité, policier à la retraite, a tiré sur l’assaillant mais ce dernier, protégé par son gilet pare-balles, n’a pas été blessé et a abattu ce garde.

Lorsque la police est arrivée très vite sur les lieux, le tireur a retourné son arme contre lui, au niveau de son cou, avant de se rendre aux forces de l’ordre, selon le commissaire Gramaglia.

Que sait-on du tireur ?

Le tireur présumé est un jeune homme blanc de 18 ans. Il était équipé d’une « arme d’assaut », d’un gilet pare-balles, d’une tenue de type militaire, d’un casque et d’une caméra pour diffuser son crime en direct sur internet, ont annoncé les autorités policières et judiciaires locales.

Immédiatement arrêté sur place, il est poursuivi dans un premier temps pour « meurtre avec préméditation » et incarcéré. Selon le maire de Buffalo, Byron Brown, le tueur a fait plusieurs heures de voyage pour commettre son crime.

L’assaillant, qui portait une caméra, a commencé à diffuser son crime sur la plateforme Twitch, laquelle s’est déclarée « dévastée » et a promis une « tolérance zéro contre toute forme de violences ». D’après le réseau social, le contenu a été supprimé « deux minutes » après le début de sa diffusion, le compte de l’assaillant a été « suspendu définitivement » et « tous les comptes susceptibles de rediffuser ce contenu sont sous surveillance ».

Quelles étaient ses motivations ?

« Nous enquêtons sur cet incident comme étant à la fois un crime motivé par la haine et une affaire d’extrémisme violent à motivation raciale », a déclaré Stephen Belongia, policier du FBI à Buffalo, lors d’une conférence de presse dans cette ville américaine septentrionale, à la frontière avec le Canada. Cette attaque est « un crime motivé par la haine et raciste », perpétrée par « le mal incarné », a de son côté fustigé le shérif du comté d’Erié, John Garcia.

Le « crime motivé par la haine » désigne aux États-Unis un acte dirigé contre une personne visée en raison d’éléments de son identité comme la race, la religion, la nationalité, l’orientation sexuelle ou un handicap. Considéré comme une infraction fédérale aux circonstances aggravantes, il entraîne des condamnations plus dures.

Des médias américains ont également évoqué un « manifeste » à caractère raciste diffusé sur internet. Selon le « New York Times », citant ce « manifeste », le suspect a été « inspiré » par des crimes commis par des suprémacistes blancs, notamment le massacre en 2019 de 51 fidèles dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande.

Le journal « Buffalo News » a même révélé qu’un mot injurieux, raciste et tabou aux États-Unis pour désigner les personnes noires avait été peint en blanc sur le canon de l’arme.

Dans un communiqué, le président américain Joe Biden a dénoncé cette attaque, rappelant que « tout acte de terrorisme intérieur, y compris un acte perpétré au nom d’une idéologie nationaliste blanche répugnante, est contraire à tout ce que nous défendons en Amérique ».

Des précédents

Cette tuerie en rappelle deux autres : un massacre raciste le 3 août 2019 lorsqu’un homme d’extrême droite de 21 ans avait tué 23 personnes, dont huit Mexicains et des personnes « hispaniques » à El Paso, au Texas. Et le 17 juin 2015, un suprémaciste blanc avait tué neuf fidèles afro-américains dans une église de Charleston en Caroline du Sud. Dans ces deux cas, des manifestes haineux avaient été mis en ligne avant les attaques.





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