mai 11, 2022

prison ferme pour des voleurs de grands crus

Par actudujour


Parmi la bande, deux comparaissent détenus. Bastien Navailles, en détention provisoire depuis un an, a écopé de trois ans de prison ferme. Jérémy Bencteux, écroué en…

Parmi la bande, deux comparaissent détenus. Bastien Navailles, en détention provisoire depuis un an, a écopé de trois ans de prison ferme. Jérémy Bencteux, écroué en avril 2021, s’est vu infliger trente mois ferme, comme Djamali Aliani, arrivé libre à l’audience et qui a vu sa condamnation assortie d’un mandat de dépôt différé. Un an de prison ferme avec aménagement sous bracelet électronique a été prononcé contre Stéphane de Figueiredo, absent des débats.

L’affaire voit le jour dans la soirée du 18 août 2019, vers 22 heures. Un hangar situé chemin de Leyran à Villenave-d’Ornon est fracturé. Une fois à l’intérieur, les malfaiteurs dérobent un camion aux transports Chazot et chargent six palettes entreposées par la société Peyrot, soit 2 886 bouteilles de vins prestigieux, dont 150 de château Margaux. Le camion quitte les lieux pour rejoindre Cestas et y déposer le chargement dans un entrepôt loué par Stéphane de Figueiredo. Le 19 tonnes est ensuite abandonné à Saint-Jean-d’Illac, les fils de la cabine arrachés et les sièges aspergés d’un liquide.

Train de vie inadapté

Le lendemain, une enquête est ouverte par la police judiciaire qui dispose rapidement des images de vidéo surveillance de l’entreprise de transports où l’on voit trois hommes cagoulés et gantés en pleine action. Les policiers récupèrent le parcours détaillé du camion équipé d’un système de géolocalisation. Le 4 septembre, ils frappent à la porte de Stéphane de Figueiredo « qui est stupéfait », dit son avocate, Me Sylvie Reulet. En garde à vue, il explique ne pas être au courant que des caisses de vins se trouvaient dans son hangar. En revanche, il indique qu’une de ses connaissances, un Pessacais surnommé « Maniac », dispose des clés du local « contre un billet », pour stocker des affaires avant de les envoyer aux Comores.

Leur train de vie ne correspond pas à leurs revenus provenant des minima sociaux

« Maniac » est identifié par la PJ. Il s’agit de Djamali Aliani qui fricote avec deux individus répondant aux sobriquets de « Casper » et « Basto », qui sont en réalité Jérémy Bencteux et Bastien Navailles. Le trio est placé sous surveillance dans le cadre de l’ouverture d’une information judiciaire. Les enquêteurs découvrent que le train de vie des deux hommes ne correspond pas à leurs revenus provenant des minima sociaux, et des aides de l’État pour « Basto » qui tient une pizzeria.

Des présomptions

Virées en famille au restaurant, vacances sous le soleil du Sénégal, à Punta Cana ou encore au Maroc. « Je ne vis pas au-dessus de mes moyens, j’habitais en HLM », lance Bastien Navailles en direction du tribunal. « Mon client s’est rendu à Gourette et est allé au Portugal en voiture », ironise Me Éric Grosselle, avocat de Jérémy Bencteux.

Mais au-delà du train de vie, il y a des éléments à charge. Des empreintes génétiques ont été retrouvées sur des canettes de thé à la pêche, sur le volant du camion et sur la poignée d’un transpalette.

« Je n’ai rien à voir avec cela », conteste Djamali Aliani. « Cette affaire repose sur les déclarations d’un ancien coprévenu que l’on prend comme la vérité », plaide son conseil Me Pierre-Luc Receveur. « Maniac » alias Djamali aurait pourtant cédé à Stéphane de Figueiredo tout un lot de vêtements volés en contrepartie de l’accès à l’entrepôt de Cestas. « Quand je suis allé dans cet entrepôt, c’était pour acheter un canapé et une baignoire », explique Bastien Navailles. « C’est pour cela que l’on trouve mon ADN ». Me Simon Takoudju, pour sa défense, insiste : « Ce dossier repose uniquement sur des présomptions. »

Retour en prison

Les dénégations des trois prévenus ne semblent pas convaincre le président du tribunal, Charles Moynot, ni la vice-procureure, Céline Pagès. Le premier relève « une quantité de coïncidences » quand la représentante du ministère public estime « qu’il y a tous les éléments pour entrer en voie de condamnation ».



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